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Société

Dans le Calvados, une retenue d’eau pour des pommiers provoque la colère

Julie Bernard 2 min de lecture

À Pierrefitte-en-Cinglais, en Suisse normande, un chantier de retenue d’eau cristallise les tensions autour de la sécheresse dans le Calvados. Selon france3-regions.franceinfo.fr, le maire de cette commune d’environ 200 habitants, Samuel Courvallet, aussi agriculteur, fait creuser une bassine de 40 000 mètres cubes pour irriguer les pommiers de son exploitation.

Le projet se situe à quelques kilomètres de Falaise. Il intervient alors que la moitié ouest du Calvados est placée en crise sécheresse depuis le 13 août, le niveau le plus élevé. Des riverains ont découvert le chantier au début de l’été, marqué par la chaleur et le manque d’eau.

Des associations demandent l’arrêt du chantier

Cinq associations environnementales ont demandé des comptes à la préfecture du Calvados cet été. Elles contestent notamment la hauteur de l’ouvrage, sa proximité avec des zones humides protégées, son impact possible sur la biodiversité et son dimensionnement. Elles demandent l’arrêt du chantier.

La Direction départementale des territoires et de la mer du Calvados a répondu par courrier le 1er septembre. Selon les éléments rapportés par france3-regions.franceinfo.fr, elle réfute les arguments des associations et rejette leur demande. Le projet avait été déclaré au titre de la loi sur l’eau le 23 juin 2025. En l’absence d’opposition dans le délai prévu, il a bénéficié d’un accord tacite le 23 août 2025.

La déclaration préalable a été signée par Samuel Courvallet lui-même, en tant que maire. France 3 indique aussi que le projet est financé en partie par l’État, dans le cadre de la loi d’urgence agricole.

Un débat sur le partage de l’eau

Autour du chantier, la contestation dépasse la seule question administrative. Des producteurs locaux et des associations dénoncent une inégalité d’accès à l’eau. Tristan Marteau, maraîcher à Berjou, dit vouloir créer un bassin beaucoup plus petit sur son exploitation, sans disposer des mêmes moyens. Christelle Hie, de l’association Sauvegarde ma Suisse Normande, défend une réflexion collective sur le partage de l’eau.

Pour les opposants cités par France 3, cette bassine illustre une mauvaise réponse au changement climatique. Ils craignent qu’elle capte une partie des écoulements alimentant les zones humides en hiver. Le maire, qui n’a pas répondu à France 3, avait expliqué en mai à ICI Normandie vouloir récupérer les eaux venant de la colline pour irriguer ses pommiers lors des périodes les plus sèches.

Source : france3-regions.franceinfo.fr

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